Extrait de Souvenirs de Miss Barbara

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Extrait de / Excerpt from : Souvenirs de Miss Barbara.


Lorsque j’entrai, tirée par miss Collins, Maud et Alice étaient déjà présentes ainsi que miss Prior et miss Lovebirch. Bien en évidence près du chevalet, il y avait trois belles verges de bouleau et une courroie de cuir attachée à un manche de bois.

Miss Collins ferma la porte et me poussa vers mes compagnes.

— Vous voici toutes trois réunies, dit miss Lovebirch, pour subir le juste châtiment de votre horrible faute. Miss Prior vous y a préparées et je suppose que vous êtes dans les meilleures dispositions pour le recevoir. Veuillez vous mettre toutes nues.

Mes deux amies étaient comme moi livides, et toutes trois nous tremblions. En un clin d’œil nous fûmes dans la tenue requise par la Directrice.

Elle nous fit ranger près d’elle et dit :

— Miss Collins, veuillez attacher Alice Felstone aux anneaux.

La surveillante s’empara de la jeune fille qui se soutenait à peine et elle la conduisit au mur, le dos contre les pierres, la face vers nous.

Là, elle l’attacha solidement, les bras et les jambes écartés, naturellement, étant donné la position des anneaux.

Alors, miss Lovebirch s’empara de la courroie de cuir et s’approcha d’elle.

Les lèvres d’Alice blêmirent encore, une lueur de folie passa dans ses beaux yeux et tout son corps fut agité par une houle d’épouvante.

— Grâce ! balbutia-t-elle.

Miss Lovebirch haussa les épaules.

— Aucune pitié, dit-elle.

Elle prit la courroie non loin de son extrémité et elle en fouetta sèchement la gorge raidie, l’estomac, le ventre et les cuisses de la patiente qui rugissait de douleur.

Cela prit un certain temps, puis miss Collins détacha Alice dont le corps était tout rouge par devant et elle l’amena au chevalet.

Mon amie était si faible qu’elle ne put se mettre seule à califourchon sur l’horrible support. La surveillante l’aida et, lorsque Alice fut à cheval, miss Collins l’attacha solidement et glissa sous elle un petit coussin de cuir qui, tout en lui évitant la meurtrissure du bois, eut pour effet d’exhausser la partie charnue sur laquelle la fouetteuse allait s’acharner.

Miss Lovebirch s’empara d’une verge et se mit en devoir d’appliquer l’humiliant et douloureux châtiment.

Je n’ai point souvenir d’avoir été aussi émue, aussi fortement impressionnée.

Dès les premiers coups, les verges sifflantes tracèrent de longues rayures pourpres sur la blancheur satinée des hémisphères jumeaux et bientôt toute la surface courbe fut striée, empourprée, boursouflée.

La patiente faisait des bonds terribles et râlait, rugissait, sanglotait, mais miss Lovebirch ne prêtait ou du moins semblait ne prêter aucune attention à ses plaintes. Elle fouettait rageusement, dans un élan de tout son corps et ses jupes serrées décelaient à chaque effort les mouvements puissants de ses muscles.

Par suite de la position qu’occupait la patiente, la fustigation était plus douloureuse, parce que les brindilles des verges, en se recourbant, atteignaient les endroits les plus sensibles du corps d’Alice et, à ces moments-là, c’étaient de sa part des cris effrayants.

Tout a une fin. Les verges entamèrent le tendre derrière, des rubis perlèrent çà et là et roulèrent sur la peau fumante... La fouetteuse s’arrêta, épuisée.

Je me sentais mourir.



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