Extrait de Poker de dames

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Extrait de / Excerpt from : Poker de dames.


Et Flogger qui s’était beaucoup excité en parlant, oublia toute prudence. Tel un chimiste penché sur ses cornues, il ne songeait qu’au merveilleux succès de sa préparation. Il jouait avec son arme, il en fouettait l’air, tandis que Mme Krug effrayée, roulée en boule mais inerte, semblait être la proie, devant cette cravache, d’une sorte de fascination qui la paralysait.

— « Enlève ta chemise, ordonna l’amant, je veux te flageller toute nue, je veux que tu retrouves longtemps ma signature... »

Mais elle ne bougea pas. Elle tremblait de la tête aux pieds comme une gazelle sous l’œil cruel et caressant d’un cobra. Alors il l’enveloppa de coups légers et brefs, irritants plutôt que douloureux. Il marqua de fines rayures roses toute la chair à portée de son fouet : les royales épaules, le dos, les flancs et la belle gorge moelleuse de Frau Gertha. Elle vibrait comme une grasse génisse harcelée par des taons et, quand une morsure plus vive l'atteignait, elle sursautait en réprimant un cri.

— « Chéri, chéri, ne me fouette pas !... Je t’aime tant... tant ! »

Elle souriait pour l’attendrir et tenta même de l’attirer d’un grand geste des bras, les lèvres tendues à mi-corps pour une caresse servile.

— « Tu me lécheras plus tard, ricana-t-il, en rejetant couverture et drap sur le pied du lit... et beaucoup mieux encore car je t’aurai fessée ! »

Puis, d’un revers de main, il l’étendit sur le matelas et releva sa chemise. Elle s’affala comme une masse, la face dans l’oreiller, molle et résignée. Passagère attitude qui souligna un court instant la splendeur de ses formes : son dos lisse creusé d’une longue gouttière, son large dos blanc, ses reins charnus et forts, étroits, arcboutés comme pour soutenir le poids de la plus énorme paire de fesses qu’il soit permis, ladies, de concevoir et de rencontrer chez une femme...

Flogger gifla d’abord à toute volée cette paire de fesses dont la chair trembla et rougit, semée largement d’empreintes digitales, pareilles à des fleurs étoilées. Mme Krug ne s’émouvait plus d’une fessée. Elle encaissa les claques avec une aisance de professionnelle, mais quand la cravache se mit de la partie ce fut une autre affaire !

Elle répondit à la cruelle averse par des sauts de carpe que l’on jette vive dans l’huile bouillante et mordit l’oreiller pour étouffer des cris... Flogger la poursuivait avec une adresse démoniaque, la fouaillait sur les fesses, sur les reins, sur les cuisses et revenait aux fesses énergiquement. Il portait chaque coup en pleine chair et d’une main si ferme que la souple cravache rebondissait comme une lanière élastique.

Mme Krug, fouettée au-delà de sa résistance, le visage crispé par la douleur, un oreiller aux dents, se dressa sur les mains pour fuir. Ses seins ballottèrent lourdement dans l’effort ; mais un coup de fouet sabrant son dos la rejeta face en avant sur le lit de torture...

Flogger, ladies, Flogger je le confesse, se laissait emporter par une sombre passion. La docilité, la veulerie même de l’admirable, de la généreuse femme qu’il dégradait en la fouettant comme on fouette une bête (la fessée amoureuse, essentiellement érotique, très ardente parfois et très cinglante, n’offre jamais ce caractère avilissant) au lieu de l’apaiser, excitait en lui la primitive cruauté de l’homme. Il ne jouait pas. Il travaillait à la manière d’un belluaire ou plutôt à l’exemple du souteneur qui dresse une femelle capricieuse. Il s’enivrait d’autorité, ce jeune tyran sexuel, ce jeune mâle priapique, il chevauchait sans mors ni bride le fougueux étalon du désir...

Ceci prouve, ladies, qu’il faut toujours rester maître de soi en toutes circonstances. Un gentleman n’est plus gentleman s’il perd son self-control.

— « Assez, chéri... ach... chéri !... assez, tu me fais trop souffrir, mon amour..., mon amour... ne me fouette plus... Gott ach Gott Himmel, zu Hilfe ! »

La flagellée tentait héroïquement de retenir ses plaintes avec l’espoir de tout sauver encore ; mais comment n’eût-elle pas crié sous les cinglades dont Flogger, au paroxysme de la plus répréhensible excitation, lui zébrait les deux fesses jusqu’au sang ?

— « Arrête, chéri !... au nom de Dieu ! je suis à bout de force ! » cria Mme Krug échevelée en cherchant à soustraire à la flagellation ses fesses presque défigurées. Elle sauta du lit, courut dans la pièce. Il l’atteignit aux épaules qui s’effaçaient, aux reins avec moins de violence et puis à toute volée en plein cul là ou palpitaient, victimes expiatoires, allumeuses de son désir sadique, deux fesses de femme mouvantes, énormes, bossuées de chair... Elle se jeta à genoux et roula sur la peau d’ours presque insensible, haletante et gémissante, domptée, vaincue, la chair moite, les fesses écarlates, fumantes, rayées en tous sens de meurtrissures et emperlées de sang.



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