Extrait de Dolly Morton

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : Dolly Morton.


« Maintenant, garçons, dit Stevens, mettez la fille sur l’échelle et attachez-la, mais laissez-moi la déshabiller. »

Le terrible moment était arrivé, et je m’exaspérais à la pensée de la honte et de la douleur que j’allais subir, et une idée folle me vint brusquement à la tête.

Les hommes me gardaient librement ; ainsi je pus glisser entre leurs doigts et m’enfuir par la grille du jardin.

Plusieurs hommes me poursuivirent, et malgré la vitesse avec laquelle je m’enfuyais, je fus bientôt prise et attachée à l’échelle, criant, luttant et demandant qu’on ne me fouettât pas.

Mais mes supplications ne faisaient qu’exciter leurs rires. Je fus soulevée, placée sur l’échelle, les bras au-dessus de la tête, et fortement attachée aux poignets et aux genoux.

Stevens commença à me déshabiller et semblait mettre le plus de temps possible à ce travail, relevant lentement mes vêtements un par un. Enfin, il arriva à mes pantalons, qui étaient ouverts.

« Regardez, garçons, observa-t-il, la fille a aussi des pantalons, mais ils sont différents de ceux de la patronne. Ce sont des pantalons chics, avec des rubans, de la dentelle, et vous voyez il y a une grande fente par derrière. Je suppose qu’ils sont faits ainsi à l’usage de son amoureux. »

Tous les hommes se mirent à rire ; quant à moi, en entendant ces mots honteux, je me recroquevillai comme si j'avais reçu un coup.

Il délia les cordons de mon pantalon et le fit tomber sur les genoux et alors je sentis la brise qui me caressait le derrière et les cuisses nus. Une sensation d’indicible honte m’envahit. Être exposée dans cet état devant quinze hommes ! Et de pareils hommes ! Oh ! c’était horrible ! Il me semblait sentir leurs coups d’œil lascifs sur ma chair.

J’avais chaud de honte et je frissonnais aussi de froid. Mais le pire n’était pas encore venu. Stevens me mit la main sur le derrière, le caressant partout et serrant la peau avec les doigts, me faisant tressaillir et trembler de dégoût. En effet, mes sentiments de honte et d’horreur à ce moment étaient aussi grands que quand Randolph m’avait assaillie.

« Ah ! dit Stevens en souriant et continuant de me palper avec ses énormes mains rouges, quel magnifique derrière a cette fille. Bon Dieu ! comme il est dodu, ferme et large. Il y en a de la place ici pour la verge, et sa peau est aussi douce et aussi lisse que du velours, et vous pouvez voir comme elle est blanche. Je n’ai encore jamais eu dans la main une aussi belle pièce. C’est quelque chose de toucher cela, et ce n’est pas du faux. »

Je me plaignais et je gémissais. Il continua :

« J’aimerais à vous le faire toucher, mais comme votre chef, je ne puis pas vous permettre de mettre vos mains sur la fille par crainte que quelques-uns de vous ne désirent plus que cela ; et je ne voudrais pas qu’il arrive des difficultés parmi nous. Maintenant, il faut la punir ; je propose de lui donner douze coups, mais de ne pas lui mettre le derrière en sang. Souvenez-vous que ce n’était qu’une aide dans cette affaire. »

Les hommes étaient partagés sur la punition : quelques-uns disaient que je devais être fouettée comme la patronne, mais la majorité était pour que je ne reçusse que douze coups. Et ainsi tout fut arrangé. Même, dans ma crainte et dans ma honte, je sentis un soulagement en entendant que je n’allais pas être fouettée aussi sévèrement que miss Dean l’avait été. Un des hommes cria :

« Mais portez-lui douze coups bien appliqués, Jake. Faites bien remuer le derrière de la jeune femelle. »

« Vous pouvez être tranquilles, et vous verrez comme je le ferai bien remuer. Je sais comment me servir d’une verge, et je vais vous montrer comme on peut dessiner le drapeau étoilé d’Amérique bleu et rouge sur le derrière. Et quand cela sera fait, je pense qu’elle sera bien endolorie ; mais vous verrez que je ne ferai pas couler une goutte de sang. Oui, gentlemen, encore une fois, je vous dis que je sais comment fouetter. J’ai été contremaître en Géorgie pendant cinq ans. »

Pendant tout le temps que cet homme parla devant moi, je ressentis la honte de ma nudité, et je frissonnais en attendant. Mon derrière avait la chair de poule et des larmes brûlantes coulaient le long de mes joues rouges. L’homme leva la verge et la brandit au-dessus de moi ; pendant ce temps je retenais mon haleine et contractais les muscles de mon derrière par crainte du coup qui allait venir.

Il arriva avec un grand sifflement. Oh ! ce fut terrible. La douleur était bien pire que je ne l’avais supposé. Elle arrêta ma respiration pendant quelques instants et me fit haleter, et je poussai un grand cri, tordant et remuant mes reins dans l’agonie.

Il continuait de me frapper très lentement, si bien que je sentais encore la piqûre de chaque coup quand l’autre venait à tomber, et je sentais chaque coup comme si un fer chaud s’était enfoncé dans ma chair.

Je me contractais chaque fois que l’horrible verge s’abattait sur ma chair tremblante. Je poussais des cris déchirants et je balançais mes hanches de tous côtés, arquant mes reins et m’aplatissant complètement sur l’échelle, demandant et priant l’homme d’arrêter de me fouetter.

J’avais complètement oublié ma nudité, et la seule sensation que j’avais à ce moment était une intense douleur, et quand les douze coups m’eurent été infligés j’étais à moitié évanouie.

Je restais couchée sur l’échelle, mes jupes relevées, pendant que les hommes s’assemblaient tous autour de moi et m’examinaient.

Comme j'étais d’une forte constitution, la faiblesse passa bientôt, ainsi que la douleur cuisante de la fustigation, mais tout mon derrière était endolori et les marques des coups palpitaient douloureusement.

La sensation de honte me revint quand je commençai à remarquer la manière dont ces hommes regardaient mon corps nu, et tout en larmes je leur demandai de rabattre mes vêtements.



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