Extrait de À corps perdu

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : À corps perdu.


Ce fut Janine qui me fit découvrir les avantages des sous-vêtements et des lingeries que je porte maintenant.

— Tu comprends, me dit-elle, nous ne nous déloquons que très rarement. Ce qui intéresse un micheton, ce sont rarement nos seins... C’est surtout la chatte et le cul... Même pas pour sucer, mais pour y mettre les doigts et, éventuellement, sa queue.

— Tu te fais enculer ? lui demandais-je avec délectation, car, dans ce cadre, il me plaisait d’employer des mots grossiers qui, partout ailleurs, m’eussent choquée.

— De temps en temps, il le faut bien, me répondit Janine en retirant sa robe... Mais le gars sait ce que ça lui coûte.

Sous sa robe, elle ne portait ni combinaison ni jupon, mais un étrange soutien-gorge qui laissait nus la pointe et la masse supérieure de ses seins, et une fine culotte de dentelle, ouverte dans l’entre-jambes comme les pantalons de nos grand’mères, par-dessus le minuscule porte-jarretelles qui soutenait ses bas. Ce qui me frappa le plus, ce fut le soutien-gorge : curieux assemblage de bretelles et de petites courroies qui dessinaient autour de sa poitrine opulente une espèce de filet noir.

— De la sorte, m’expliqua Janine, je n’ai qu’à faire sauter deux boutons de mon corsage et j’ai les seins à l’air, si un mec veut les voir. Quant à la culotte, il faut, dans notre métier, la mettre toujours par-dessus le porte-jarretelles ou la ceinture, afin de pouvoir immédiatement la retirer. D’autant que sous les dentelles, le client ne voit plus que le triangle de nos poils et ça l’aide rudement à bander.

Janine était nue ; elle se pencha au-dessus du bidet, y fit couler l’eau chaude, l’enjamba et s’y accroupit. D’une main professionnelle, elle entreprit de s’asperger la chatte et de deux doigts enduits de savon, nettoya son intérieur. Rinçage, essuyage, le tout prit une minute.

— A toi, maintenant, me dit-elle en s’appuyant les reins au lavabo.

Pour me donner une contenance, je lui demandai en retirant mon tailleur, à quoi pouvait bien servir un objet semblable dans une chambre d’hôtel de passe.

— Simplement à laver la bite de nos clients, me répondit Janine. Tu ne t’imagines pas que nous les suçons sans les laver auparavant. Il y en a qui sont franchement dégueulasses.

Le « nous » qu’avait adopté Janine pour me parler d’elle-même et de son métier m’amusait. Y penser m’empêcha de prendre nettement conscience de ce que je faisais.

— Veux-tu que je te lave ? me demanda Janine lorsque je fus nue.

— Si tu veux.

Elle prépara le bidet comme elle l’avait fait pour elle-même, m’y fit asseoir et, s’agenouillant à mon côté, glissa sa main droite sous mon ventre. Elle ne se contenta pas de me laver.

— C’est très rare, tu sais, que nous fassions une femme, me dit-elle en me suçant la pointe du sein.

Sa main mouillait mes poils et les éclaboussait, puis ses doigts agiles se promenaient entre mes mèches et les débroussaillaient, saisissaient délicatement mon bouton et commençaient à le rouler ou bien, s’aventurant entre les lèvres de ma chatte que le désir gonflait, suivaient de bout en bout leurs reliefs. Elle enfonça même son médius en moi et l’y laissa un moment en l’agitant doucement. Je sentais son ongle gratter mes muqueuses et ce contact acide et précis m’électrisait.

— Allons, viens, me dit-elle.

Et elle prit une serviette pour m’essuyer le ventre, le sexe et les fesses.

Dès que je fus sur le lit, elle vint s’allonger près de moi et me demanda :

— Quel rôle veux-tu que je joue : celui de la gonzesse ou l’autre ?

Je ne compris pas tout de suite ce qu’elle voulait savoir.

— Tu es marrante, reprit-elle... Veux-tu que je te suce... Ou veux-tu me sucer ?

— Suce-moi, lui répondis-je en me disposant pour ce baiser que j’attendais depuis si longtemps.

Elle me glissa un coussin sous les reins, souleva de la sorte mon bassin, m’écarta elle-même les cuisses, de ses doigts tira mes poils vers l’extérieur et saisit entre ses lèvres mon clitoris. Il bandait déjà, je vous l’assure, et je suis persuadée que son nez devait déjà pointer hors de la toison. Mais lorsque Janine commença à le lécher ou le mordiller, je crus que j’allais crier. Je ne me retins pas lorsque par des succions successives, elle l’attira vers l’intérieur de sa bouche. Il me semblait qu’elle m’aspirait toute entière. Il me semblait que mes entrailles, mon sang, mon foutre, tout allait s’en aller de moi en une insurmontable marée. Il y avait si longtemps que je désirais ce plaisir, j’avais passé tellement de nuits solitaires à me rouler comme une démente sur mes draps moites et souillés, les doigts crispés comme des serres sur mes seins gonflés et durs, les mains enfouies dans mes poils et mon sexe presque déchiré ! Je m’étais inutilement enfoncé tellement d’objets dans la chatte ou le cul que j’en étais arrivée à désespérer de jouir un jour ! Or, voici que la langue, la simple langue d’une putain me poussait au comble du désarroi et de la folie ! Je tenais Janine à la nuque et j’appuyais de plus en plus fort son visage sur mon con ouvert. J’aurais aimé que mon ventre explosât, que les lèvres de mon sexe se déchirassent pour que la putain put entrer toute sa tête en moi, cette tête habile et fouineuse que précédait en tout lieu sa langue diabolique. J’en arrivais même à penser que si elle suçait les hommes avec autant d’habileté, elle ne devait pas manquer de clientèle, et je pensais aussi qu’il faudrait que je prenne auprès d’elle des leçons de pipe.

Lorsqu’elle sentit que j’allais jouir, Janine m’encouragea par des mots vulgaires. Elle avait compris que ce vocabulaire ajoutait à mon excitation :

— Décharge, me disait-elle en soufflant. Décharge dans ma bouche... Envoie-moi ta colle dans la bouche... J’en ai envie, tu sais... J’aime ton goût... Tu es amère... Et puis c’est chaud. On dirait de la crème chaude... Ce que tu te vides !... Ta chatte est toute mouillée, ton petit con est démesuré maintenant. Je pourrais voir jusqu’à... Mais tu pisses, maintenant... Petite salope, tu me pisses à la gueule...

Je n’avais pu me contenir en effet, et, en même temps que je lui envoyais mon foutre, j’avais relâché ma vessie. Mon urine l’inondait et coulait sur les draps, mais je m’en moquais, je paierais ce qu’il faudrait. Je jouissais et là était l’important, car je venais de m’apercevoir que pendant plusieurs minutes j’étais tombée dans une sorte de coma qui m’avait fait perdre conscience de ce qui m’entourait et même de ce que j’étais. Il n’y avait plus eu qu’une chute vertigineuse, verticale, vers je ne sais quel abîme. Et dans cette chute, j’avais perdu conscience, comme cela arrive parfois, dit-on, aux parachutistes qui tombent de trop haut.




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